En 2018, j'avais consacré un article à une question qui agitait le milieu du référencement : le cloaking peut-il être une technique « white hat », c'est-à-dire acceptable ? Depuis, Google a précisé ses règles par écrit. Voici ce qu'est le cloaking, comment il fonctionne, ce qu'en dit Google, ce que risque un site, et ce qu'il vaut mieux faire à la place.
Qu'est-ce que le cloaking ?
Le cloaking, que l'on traduit par « dissimulation » ou « masquage », consiste à présenter un contenu différent aux moteurs de recherche et aux internautes. Google le définit dans ses règles concernant le spam comme une pratique destinée à manipuler le classement dans les résultats de recherche et à tromper les utilisateurs.
Google en donne deux exemples :
- montrer aux moteurs de recherche une page sur des destinations de voyage, et aux internautes une page qui vend des médicaments à prix réduit ;
- insérer du texte ou des mots-clés dans une page uniquement quand c'est un moteur de recherche qui la demande, et non un visiteur humain.
Comment fonctionne le cloaking ?
Le serveur identifie qui demande la page, le plus souvent grâce au « user-agent » (le nom que se donne le navigateur ou le robot) ou à l'adresse IP. Si c'est Googlebot, il renvoie une version ; si c'est un internaute, il en renvoie une autre. Certaines variantes s'appuient sur JavaScript ou sur des redirections qui ne s'appliquent qu'à certains visiteurs.
White hat, black hat : d'où viennent ces termes ?
Ils viennent de la sécurité informatique. Un « black hat » est un pirate. Un « white hat » est un hacker éthique, qui met ses compétences au service de la protection des sites, à l'image de Julien Gadanho et de son site securemydata.fr. En référencement, on a repris ces mots : le black hat désigne les techniques contraires aux règles des moteurs de recherche, le white hat celles qui les respectent.
Le cloaking peut-il être « white hat » ?
Mon article de 2018 partait d'un framework PHP de cloaking publié en open source par Patrick Valibus, in cloaking veritas, avec un slogan provocateur : « Cloaking is not a crime ». Sa thèse à l'époque : ne « cloaker » que les liens internes, comme ceux du méga-menu et du pied de page, en gardant un texte identique pour Google et pour les internautes, afin de mieux répartir la popularité entre les pages. Son agence, 410-gone.fr, est basée à Lyon et spécialisée dans l'e-commerce.
Au regard des règles de Google, la réponse est non. La définition ne prévoit aucune exception « pour les liens seulement » : dès que le serveur renvoie à Googlebot une version différente de celle que voient les internautes, dans le but d'influencer le classement, il s'agit de cloaking. Que le texte reste identique ne change pas la nature de la technique : c'est Google qui juge, pas l'éditeur du site.
Ce que risque un site qui pratique le cloaking
Google indique que les sites qui ne respectent pas ses règles peuvent être moins bien classés, voire ne plus apparaître du tout dans les résultats. Le cloaking fait partie des cas qui peuvent donner lieu à une action manuelle : un examinateur de Google constate l'infraction, et un message apparaît dans le rapport « Actions manuelles » de la Search Console.
Pour en sortir, Google demande de :
- comparer ce que voit Googlebot et ce que voient les internautes, avec l'outil d'inspection d'URL de la Search Console ;
- supprimer le code qui sert un contenu différent à Google et aux internautes ;
- supprimer les redirections conditionnelles, par exemple celles qui ne s'appliquent qu'aux visiteurs venant de Google ou de certaines adresses IP ;
- envoyer une demande de réexamen depuis le rapport « Actions manuelles ».
Tant que l'action manuelle n'est pas levée, les pages concernées, voire tout le site, peuvent être moins bien classées ou absentes des résultats.
Ce qui n'est pas du cloaking
- Les contenus payants : un site qui réserve une partie de ses articles à ses abonnés ne fait pas de cloaking si Google peut voir le contenu complet, comme un abonné, et si le site respecte les consignes de Google sur l'échantillonnage flexible (règles concernant le spam).
- Le rendu dynamique : servir à Googlebot une version déjà calculée d'une page en JavaScript n'est pas du cloaking tant que le contenu est similaire à celui des internautes. Google précise toutefois que c'est une solution de contournement, qu'il ne recommande pas (documentation Google).
- Un site adapté aux écrans : un site qui s'adapte au mobile en servant le même contenu à tous ne fait pas de cloaking.
Les alternatives sûres pour guider Google
L'objectif affiché du cloaking de liens, mieux répartir la popularité entre vos pages, peut être atteint autrement :
- un maillage interne pensé : des liens dans le texte vers les pages qui comptent, une arborescence organisée par thèmes ;
- des menus et un pied de page sobres, qui ne lient que les pages vraiment utiles à la navigation ;
- des contenus qui répondent aux questions de vos clients, page par page ;
- un audit régulier, pour repérer les pages orphelines ou les liens inutiles.
C'est le travail que je fais sur les sites de mes clients, dans le respect des règles de Google : voyez mes optimisations SEO et mon audit SEO. Les moteurs évoluent vite ; pour comprendre leur logique, lisez aussi mon article sur les algorithmes de Google.
Questions fréquentes
Le cloaking est-il interdit ?
En soi, c'est une pratique contraire aux règles de Google : un site qui l'utilise s'expose à un moins bon classement, voire à une disparition des résultats. S'il sert à tromper des internautes, par exemple pour vendre autre chose que ce qui est annoncé, d'autres règles, comme celles sur les pratiques commerciales trompeuses, peuvent aussi s'appliquer.
Comment savoir si un site fait du cloaking ?
Pour votre propre site, comparez la page affichée dans votre navigateur et la page vue par Google dans l'outil d'inspection d'URL de la Search Console. Un écart important de contenu ou de liens doit alerter.
Quelle différence entre black hat et white hat en SEO ?
Le white hat respecte les règles des moteurs de recherche : contenus utiles, technique propre, liens naturels. Le black hat cherche à les contourner, au risque d'une sanction.
Le cloaking fonctionne-t-il encore ?
Il arrive qu'il produise un effet à court terme, mais Google le combat et peut le sanctionner à tout moment. Pour une entreprise qui dépend de son site, le risque dépasse de loin le bénéfice.

